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Le réveil de l'Afrique

samedi 4 novembre 2017, 08:27

Un évènement est passé presque inaperçu du monde des échecs en ce début du mois de novembre 2017. Pour la première fois de l'histoire de notre sport, un Africain a franchi la barre mythique des 2700 points au classement Elo. Il s'agit du joueur égyptien Bassem Amin qui a ainsi atteint la 45ème place du classement mondial. A titre de comparaison, huit Africains originaires du Cameroun, du Senegal, de Côte d'Ivoire et du Mali sont présents parmi les 50 meilleurs joueurs dans le classement d'octobre 2017 de la Fédération Mondiale du Jeu de Dames.

Bassem n'est évidemment pas un inconnu puisqu'il a décroché le titre de Grand-Maître international en 2006 à seulement 18 ans et la médaille de bronze aux championnats du monde junior en 2008. Depuis, il a été plusieurs fois champion d'Afrique et du monde arabe. Il est désormais le leader de l'équipe d'Egypte qui participe régulièrement aux Olympiades. Ses apparitions en coupe du monde n'ont pas laissé un souvenir impérissable puisqu'il fût à chaque fois éliminé au premier ou au second tour. Mais en 2017, de remarquables résultats lui ont permis d'atteindre la barre symbolique qui définit désormais l'élite mondiale : ceux que l'on nomme parfois les "Super Grands-Maîtres" faute de titre plus officiel.

Sur ce vaste continent, si le jeu de Dames est dominé par l'Afrique noire francophone, les échecs sont depuis longtemps le domaine réservé des pays d'Afrique du nord. En 1993, le tunisien Slim Bouaziz est le premier à obtenir le titre de Grand-Maître après avoir représenté l'Afrique dans plusieurs tournois interzonaux, qualificatifs pour le championnat du monde. Ensuite, ce fût l'éclosion du talent du Grand-Maître marocain Hicham Hamdouchi, longtemps affilié à la fédération française et champion de France en 2013. Aujourd'hui, l'Egypte possède en Bassem Amin et Ahmed Adly, champion du monde junior en 2007, deux joueurs de classe internationale.

Le potentiel des échecs en Afrique est encore peu exploité. Selon Garry Kasparov, qui souhaite former un million d'enfants africains en cinq ans grâce au soutien de la "Kasparov Chess Foundation", les échecs sont un moyen efficace et peu coûteux pour améliorer les compétences des élèves en termes d'analyse des informations, de prise de décisions et de confiance en soi.

Peut-être manque-t'il encore un champion charismatique, initiateur de vocations chez les plus jeunes, à l'instar de ce que représente Viswanathan Anand en Inde, pour que la pratique des échecs en Afrique prenne véritablement son envol. Bassem Amin pourrait-il être celui-ci ?

La photographie qui illustre ce billet montre Bassem Amin en compagnie de Garry Kasparov lors du tournoi de Reykjavik en 2014.

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