Bienne : Carlsen ou Wang Hao, qui a gagné ?

Cliquez pour agrandir l'image samedi 4 août 2012

Comme beaucoup de passionnés, j'ai suivi avec intérêt le dénouement du traditionnel tournoi de Grand-Maîtres de Bienne. Un grand nombre de parties spectaculaires y a été joué, souvent conclues par un résultat décisif. La grille finale du tournoi m'a toutefois laissé perplexe. Je vous la livre ci-dessous telle qu'elle a été présentée sur www.chessbase.com qui a eu la malice de présenter le décompte traditionnel des points (1 point pour la victoire, 0,5 point pour la partie nulle et 0 pour la défaite) avant le décompte officiel du tournoi (3 points pour la victoire, 1 point pour la partie nulle et 0 pour la défaite). Avec 4 victoires et 6 nulles, le n°1 mondial Magnus Carlsen (7/10) n'occupe que la seconde place derrière le Chinois Wang Hao auteur d'un remarquable tournoi avec 6 victoires, 1 nulle et 3 défaites (6,5/10). Le décompte des points utilisés dans ce tournoi est évidemment destiné à favoriser le joueur qui remporte le plus de victoires avec l'arrière pensée d'augmenter la combativité des protagonistes.

Combattre les parties nulles qui s'achèvent sans combat avant le vingtième coup est certainement louable. Mais il ne faudrait toutefois pas remettre en cause l'essence de ce jeu au profit d'un supposé spectacle. Même si nous ne sommes pas encore capable de le prouver, la partie nulle semble être le résultat naturel d'une partie jouée avec précision par les deux adversaires. Il n'y a donc aucune raison de pénaliser les parties nulles dans les tournois. Inciter la combativité ne signifie pas sanctionner deux joueurs qui auraient joués une partie de qualité. La solidité et la précision font partie intégrante des qualités requises pour atteindre la maîtrise aux échecs.

Magnus Carlsen a donc été sanctionné pour avoir concédé 6 parties nulles de combat. Le Français Etienne Bacrot, auteur d'un résultat décevant, a fait preuve d'une grande combativité en choisissant des ouvertures risquées (Est-indienne) et des options agressives en milieu de jeu (voir pour exemple sa partie contre Hikaru Nakamura). Il a parfaitement joué dans l'esprit voulu par les organisateurs pour finalement subir 5 défaites. Gageons que cet état d'esprit sera récompensé par de nouvelles invitations.

A mon humble avis, il est injustifié de pénaliser les parties nulles dans le système de départage principal. Il est souhaitable, pour garder une bonne lisibilité du classement final, de conserver le système traditionnel de décompte des points de partie. Le nombre de victoires peut être utilisé en second départage pour départager les ex-aequo.

L'interdiction de proposer nul avant le 30ème ou 40ème coup permet d'éviter les parties nulles de confort, une incitation financière peut accroître la volonté de gagner, un prix de la combativité peut limiter le nombre de parties insipides. La partie nulle qui est un résultat naturel aux échecs ne doit en aucun cas être sanctionnée. En privilégiant uniquement le côté purement sportif et spectaculaire, la précision quasi-scientifique qui fait partie intégrante de l'intérêt que beaucoup portent à ce jeu pourrait être dévaluée.
Partager sur Facebook Partager sur Twitter
Retour

Accueil  |  Précédent  |  Suivant

Cliquez pour agrandir l'image

Abonnez-vous au flux RSS

Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSS

Partagez

Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Exercice tactique



© Alain Moal 2012-2019Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSSDernière mise à jour : dimanche 24 mars 2019