Olympiades : les grands absents

dimanche 2 septembre 2012

Les Olympiades représentent la compétition par équipe nationale majeure dans le monde des échecs. Tous les deux ans, elles nous rappellent l'universalité de notre sport en réunissant un grand nombre de nations. Cette année, à Istanbul, 162 équipes nationales sont représentées. La France est désormais une grande nation des échecs pointant à la troisième place si l'on considère le Elo moyen de ses meilleurs joueurs au mois de septembre. Mais notre équipe n'a que rarement brillé dans cette compétition prestigieuse. Le manque d'opportunisme de nos meilleurs joueurs dans les matchs décisifs a souvent été souligné. J'ai donc été surpris, en découvrant la composition des équipes de France (mixte et féminine), de l'absence d'Etienne Bacrot et de Marie Sebag, respectivement n°2 français et n°1 française. Après quelques recherches sur la toile, le site d'actualité chess-and-strategy m'apprend que la joueuse française a été soumise à la règle étrange "pas de championnat de France, pas d'Olympiades", alors qu'Etienne Bacrot, bien que sélectionné, a estimé de façon sibylline que "les conditions n'étaient pas réunies" pour sa participation. Malgré cette absence, la composition de l'équipe de France "mixte" a belle allure : Laurent Fressinet, Maxime Vachier-Lagrave, Christian Bauer, Romain Edouard et Vlad Tkachiev. Mais peut-on vraiment se passer d'un de nos meilleurs joueurs pour rivaliser avec les équipes favorites ?

La règle qui ne permet pas à un joueur absent aux championnats de France d'être sélectionné en équipe de France pénalise surtout l'équipe de France. Si une telle règle était appliquée au Football, l'équipe de France ne serait constituée que de joueurs évoluant dans le championnat de France et la France n'aurait sans doute pas gagné la coupe du monde en 1998.

Les conditions évoquées par Bacrot rappellent étrangement le conflit ayant opposé les meilleurs joueurs allemands à leur Fédération avant les précédentes Olympiades de 2010. Faute d'accord financier, la Fédération Allemande avait du présenter une équipe réserve qui n'avait évidemment pas pu assumer le rang de cette grande nation.

Les Olympiades déplorent malheureusement d'autres grands absents. Alexander Morozevich et Vukar Gashimov ont décliné leur sélection pour raison de santé. Comme souvent, le champion du monde Vishy Anand fait cruellement défaut à l'équipe Indienne qui pourrait sans doute jouer un des  premiers rôles en sa présence. La Norvège est décimée par l'absence du n°1 mondial Magnus Carlsen et de ses meilleurs joueurs nationaux Jon Ludwig Hammer et Sigmen Agdestein. Le moins médiatique Pérou, écrasé par l'équipe de France à la seconde ronde, se passe des services de Julio Granda Zuniga et de plusieurs de ses meilleurs joueurs. Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres. On remarquera que les équipes favorites (Russie, Ukraine, Arménie, Azerbaïdjan, Etats-Unis, Chine) alignent leurs meilleurs joueurs. Il est regrettable que la France n'ait pu faire de même.

Mais n'injurions pas l'avenir, un exploit demeure possible.
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