Coupe d'Europe : où sont passés les clubs français ?

mercredi 10 octobre 2012, 21:45

L'European Chess Union organise la Coupe d'Europe des Clubs. Cette compétition prestigieuse se déroule cette année à Eilat en Israël. Selon Europe Echecs, 27 fédérations sont représentées. Certaines, conformément au règlement, ont pu engager plusieurs équipes.

La France est représentée par ... Tiens, par qui au fait ?

Le club champion de France en titre est sans doute capable de se mesurer aux meilleures équipes européennes. Eh bien, non. Clichy n'est pas sur la ligne de départ. L'équipe qui a gagnée le championnat de France en 2012 avait pourtant fière allure avec plusieurs pointures internationales dans ses rangs (Vassily Ivanchuk, Laurent Fressinet, Loek van Wely, Maxime Vachier-Lagrave, Wesley So, ...). Cette absence est regrettable mais le vice-champion (Châlons-en-Champagne) ou le troisième (Evry-Grand-Roque) sera sans doute un digne suppléant. Eh bien, non. Ils ne sont pas là non plus.

C'est donc avec stupeur et consternation que j'apprends qu'aucun club français n'est engagé dans cette coupe d'Europe. La France qui occupe pourtant la 3ème place mondiale selon le classement des dix meilleurs joueurs de chaque nation ne sera pas représentée dans une compétition continentale majeure. A titre d'exemples, la Belgique et la Finlande ont chacunes deux équipes engagées.

Comment expliquer une telle absence française ?

Le financement des clubs et le manque de sponsors privés semblent être au coeur du problème. Nos meilleurs clubs préfèrent concentrer leurs maigres moyens financiers sur le plus visible championnat de France. Ils n'ont pas les épaules assez solides pour recruter en vue d'une compétition internationale qui ne leur laissera que peu de chances de gain. Il est loin le temps ou le club parisien du NAO Chess Club dominait les échecs européens (deux titres de champion d'Europe des clubs en 2003 et 2004). Il est vrai que le mécénat de la richissime Nahed Ojjeh avait attiré quelques uns des meilleurs joueurs mondiaux.

Aujourd'hui, la visite du site officiel de la compétition permet de mesurer l'impressionnante puissance de feu des équipes russes et d'ex-URSS. Kamsky, Topalov, Radjabov, Mamedyarov et Grischuk représentent SOCAR (Azerbaidjan), Morozevich, Andreikin, Nepomniachtchi, Tomashevsky et Moiseenko jouent pour Economist Saratov (Russie), Svidler, Dominguez Perez, Movsesian et Vitiugov portent l'étendard de Saint-Petersbourg (Russie), Gelfand, Wang Hao, Leko, Riazantsev et Giri défendent les couleurs de SHSM-64 (Russie), pour ne citer que quelques unes des équipes favorites.

Suite à cette énumération, il est facile de comprendre la démotivation d'un club français contraint à un recrutement très onéreux pour espérer rivaliser avec de telles écuries, sans avoir la moindre garantie d'un retour sur investissement en cas de performance honorable. En dehors de quelques sites échiquéens, la couverture médiatique en France d'un tel évènement est inexistante. Il est plus profitable de décrocher un court reportage dans un journal télévisé régional de France 3 à la suite d'un titre de champion de France des clubs plutôt que de rester dans un anonymat médiatique complet malgré une éventuelle bonne performance en coupe d'Europe.

Certains de nos meilleurs joueurs ont néanmoins trouvé de l'embauche dans des équipes étrangères : Etienne Bacrot représente depuis longtemps Baden-Baden (Allemagne), Christian Bauer joue pour Gros Xaqe Taldea (Espagne) et Romain Edouard défend les couleurs de Genève (Suisse).

Malgré cette très regrettable et peu glorieuse absence française, la compétition mérite d'être suivie par tous les amateurs car la présence de nombreux joueurs de l'élite mondiale promet de belles joutes échiquéennes.
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