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Un décor éblouissant

jeudi 1 mai 2014

La ville de Shamkir (Azerbaidjan) a accueilli le mémorial Gashimov. Ce tournoi a été prestement organisé en hommage au Grand-Maître Vugar Gashimov prématurément disparu en ce début d'année à l'âge de 27 ans. Plusieurs joueurs de l'élite mondiale ont répondu présent et, comme beaucoup d'amateurs, j'ai suivi avec grand intérêt les parties des deux tournois fermés. Le tournoi A a réuni ce qu'il se fait de mieux parmi une jeune génération qui prend progressivement le pouvoir. Le champion du monde Magnus Carlsen a brillamment repoussé les assauts des ambitieux Fabiano Caruana, Hikaru Nakamura, Sergey Karjakin, Shakhriyar Mamedyarov et Teimour Radjabov. Le tournoi B a opposé quelques uns des meilleurs joueurs azéris à d'autres grands noms des échecs mondiaux (Etienne Bacrot, Wang Hao, Pavel Eljanov, Radoslaw Wojtasjek, Alexander Motylev). Mais je n'ai pas pour objectif de discuter du déroulement sportif du tournoi, de la performance des uns et des autres ou même d'analyser des parties mais plutôt d'attirer l'attention sur la mise en scène remarquablement réussie.

De façon très classique pour un évènement de ce standing, le tournoi s'est déroulé dans une salle de spectacle. Le tournoi A, prestige oblige, a occupé la scène alors que le tournoi B  s'est joué en contrebas. La projection des parties sur un écran géant situé derrière les joueurs a permis aux spectateurs présents dans la salle de suivre confortablement les parties. Ce type de scénographie est désormais un standard et n'étonne plus personne mais j'ai été très impressionné par le choix quasi-exclusif du blanc pour habiller la scène sur laquelle se sont produits les joueurs.

Vugar Gashimov


Gashimov appréciait particulièrement le blanc comme j'avais pu le remarquer lors du tournoi Melody Amber organisé au Palais de la Méditerranée à Nice durant lequel il arborait une veste blanche. Le choix des organisateurs a peut-être été inspiré par ce goût du Grand-Maître défunt pour le blanc. Peu importe la raison, l'impact visuel fût très réussi.

Nakamura-Caruana Shamkir 2014


Le décor de la conférence de presse a lui-aussi mis le blanc à l'honneur jusque dans le choix de la couleur des ordinateurs portables utilisés pour supporter les analyses post-mortem des champions.

Conférence de presse


Le contraste avec le tournoi des candidats qui s'est achevé quelques semaines plus tôt à Khanty-Mansiysk a été saisissant. Certes, les conditions de jeu y étaient très fonctionnelles mais le décor manquait singulièrement de cachet. Un tournoi de cette importance aurait mérité une recherche esthétique semblable à celle du tournoi des candidats de Londres en 2013 (comme le montre la photo ci-dessous).

Salle de jeu du tournoi des candidats de Londres 2013


La beauté du cadre de jeu n'est pas indispensable pour jouer de bonnes parties d'échecs. Un bon échiquier, des pièces bien proportionnées, un éclairage adapté, un siège confortable, un espace vital suffisant sont les principaux éléments nécessaires à la pratique des échecs dans de bonnes conditions. Pour le public (essentiellement internaute) et les médias, la mise en scène de la compétition doit être soignée. L'impact sur le grand public qui ne considère pas toujours les échecs comme un sport de haut niveau sera d'autant plus grand que les tournois les plus prestigieux se dérouleront dans un décor (j'aurais pu écrire "un écrin") qui met en valeur l'évènement.

Les photographies du mémorial Gashimov sont extraites de la galerie du site officiel. La photographie de la salle de jeu du tournoi des canditats de Londres est l'oeuvre de Ray Morris-Hill.

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Exercice tactique



© Alain Moal 2012-2019Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSSDernière mise à jour : samedi 8 juin 2019