Les échecs en Hongrie selon József Horvath

Cliquez pour agrandir l'image lundi 28 juillet 2014, 20:32

Le soir de la troisième ronde de l'open de Vaujany, le Grand-Maître József Horvath a offert aux participants une conférence sur le thème : l'histoire des échecs en Hongrie. Malgré la concurrence du match pour la troisième place de coupe du monde de football entre les Pays-Bas et le Brésil, une quinzaine de passionnés ont assisté à cet exposé.

Par le plus grand des hasards, deux semaines plus tôt, un déplacement professionnel dans le cadre de projets européens m'avait conduit à Budapest. Malgré la brièveté du séjour et la majeure partie de mon temps passée dans une salle de réunion, j'ai pu vérifier que la réputation de cette ville considérée comme une des plus belles d'Europe n'était pas usurpée. Je n'ai donc pas hésité une seule seconde : ma soirée serait consacrée aux échecs en Hongrie plutôt qu'au foot brésilien !

József Horvath est un fidèle parmi les fidèles des tournois organisés sous la houlette de Jacques Brethé et de l'association promo-échecs. Il a participé à son premier tournoi de Val Thorens en 1992. En 2014, sa présence à Vaujany fait grimper son compteur à 21 participations.

Dans un très bon français, Jozsef a régalé son auditoire d'une multitude d'anecdotes racontées avec faconde et humour. Il a naturellement évoqué les évènements qui ont marqués la vie échiquéenne hongroise, citant avec malice le match par correspondance Paris-Budapest débuté en 1842 et gagné par nos amis hongrois à une époque où les échecs parisiens rayonnaient sur l'Europe. Il a évidemment cité les joueurs emblématiques de ce pays d'Europe centrale. Parmi ceux-ci, József Szén, surnommé le Philidor hongrois, principalement connu pour l'analyse de la finale Tour et Fou contre Tour qui porte son nom, Gesa Marocsy qui brilla aux tournois de Monte Carlo dans les années 1900, Laszlo Szabo et sa fameuse finale Tour et pion contre Fou sauvée par le grand Botvinnik, Lajos Portisch, nommé parmi les plus grands sportifs de Hongrie (distingué du "Nemzet Sportoloja" à l'égal du célèbre footballeur Ferenc Puskás), Gedeon Barcza, réputé pour ses finales de Cavaliers et sa victoire de prestige contre Smyslov, Andor Lilienthal félicité par Bobby Fischer à Budapest pour son étonnant sacrifice de Dame contre Capablanca au tournoi d'Hastings 1934-35, sans oublier les soeurs Polgar régnant sur les échecs féminins et Peter Leko qui a failli ravir la couronne mondiale à Vladimir Kramnik en 2004, ainsi que le décès prématuré de Gyula Sax, membre de la grande équipe de Hongrie victorieuse des Olympiades en 1978 devant l'Union Soviétique et les Etats-Unis.

József a aussi évoqué la rencontre fortuite de son frère Csaba (GM) avec un imposant barbu sur les bords du Danube. Osant aborder l'illustre inconnu, il eut le privilège de partager le repas de Bobby Fischer, la légende des échecs en exil. József nous fit part de son propre regret de n'avoir pas saisi l'opportunité de rencontrer le génial américain.

József a rendu hommage à un francophile, grand pédagogue des échecs : le Maître International Janos Szabolcsi que beaucoup ont côtoyé dans les opens français. L'école d'échecs Gesa Marocsy, dont József est maintenant l'entraîneur principal, a été créée en 2006 avec le soutien de la fédération hongroise. De nombreux jeunes joueurs de talent y ont été formés dont la nouvelle étoile Richard Rapport.

Ce type de conférence est une excellente initiative qu'il est intéressant de proposer en marge des tournois. Il est bon de rappeler que les échecs ne se limitent pas à la simple compétition, mais qu'ils ont aussi une histoire riche de personnages haut en couleur. Cette histoire mérite d'être contée par des orateurs aussi talentueux et accessibles que le Grand-Maître hongrois.

La photographie de József Horvath qui illustre ce billet a été prise lors du tournoi de Vaujany 2014. Elle est extraite du site du tournoi.

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