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Candidats : première mi-temps

samedi 19 mars 2016, 18:46

Le tournoi des candidats qui se déroule à Moscou va désigner le challenger du norvégien Magnus Carlsen pour le titre de champion du monde. Huit des meilleurs joueurs de la planète s'affrontent dans un tournoi en double ronde. Comme je le déplorais dans un précédent billet, le nombre réduit de participants ne reflète pas l'élargissement de l'élite mondiale. L'absence du n°2 mondial et ancien champion du monde Vladimir Kramnik, du français Maxime Vachier-Lagrave (n°5), de Alexander Grischuk qui occupait il n'y a pas si longtemps la seconde place du classement mondial, ainsi que celle des joueurs chinois est certainement préjudiciable à la représentativité du plateau.

Parmi les joueurs présents, les anciens semblent en perte de vitesse. L'ancien champion du monde Vishy Anand s'est fourvoyé dans le monde impitoyable des opens provoquant une chute vertigineuse de son classement. Vesselin Topalov n'a plus la forme qu'exige son jeu sans concession. Au début de l'an passé, cet état de grâce lui avait permis de s'installer à la seconde place mondiale comme à ses plus beaux jours. Peter Svidler est toujours présent au plus haut niveau mais peu de pronostiqueurs voient en lui un challenger.

L'heure est sans doute venue pour un renouvellement de génération. Nakamura, Karjakin, Caruana et Giri ont désormais l'occasion de prouver qu'ils sont capables d'accéder à la plus haute marche en défiant le champion en titre. Aronian appartient à une génération intermédiaire, celle des Bacrot, Grischuk, Ponomariov, Jakovenko, Navara, Eljanov, Dominguez qui n'est pas parvenue à accéder au titre suprême même si Ruslan Ponomariov a brièvement détenu le titre de champion du monde Fide pendant le règne de Kramnik et la domination de Kasparov. Ayant contourner le processus de qualification et bénéficiant d'une invitation, Aronian, longtemps dauphin de Carlsen au classement mondial, peut prouver qu'il est un challenger crédible.

J'ai sélectionné quelques moments forts des premières rondes.

La méforme des derniers mois de Topalov s'est confirmée dès la première ronde. Après avoir dominé Anand par un jeu entreprenant dans l'ouverture, il laisse échapper l'occasion de prendre un net avantage puis ne parvient pas à maintenir l'équilibre malgré le jeu hésitant de son adversaire.



Si lors de la première ronde, Topalov n'a pas osé sacrifier une pièce, à la seconde, c'est Nakamura qui s'enflamme et subit une cruelle défaite.



Lors de la troisième ronde, Topalov est encore trop ambitieux dans l'ouverture et rate une petite combinaison qui lui coûte un second pion et la partie.



Le héros de ce début de tournoi est sans conteste Karjakin qui inflige une sévère défaite à Anand dans un style purement positionnel.



De son côté, Caruana ne parvient pas à profiter d'une gaffe de Topalov avant le contrôle de temps et concède un précieux demi-point.



A la sixième ronde, Anand réfute brillamment le jeu trop ambitieux de Svidler dans l'ouverture et lance une attaque dévastatrice.



Ce même jour, Aronian profite d'une énorme bévue de Nakamura en finale de Tours.



A mi-tournoi, Karjakin et Aronian mênent la danse mais seul Topalov semble être définitivement hors-course. Il se pourrait qu'il joue le rôle de faiseur de Roi dans ce tournoi.

La photographie qui illustre ce billet est extraite du site officiel du tournoi.

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