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MVL tutoie les étoiles

lundi 1er août 2016, 19:45

La riche actualité sportive de ce début d'été a monopolisé l'attention des principaux médias. L'Euro de football, le Tour de France et la préparation des Jeux Olympiques ont occulté d'autres évènements sportifs importants. Mais en aurait-il été autrement en l'absence de ces mastodontes médiatiques ?

Un évènement majeur pour le sport français n'a pourtant pas échappé à l'attention du monde des échecs : l'ascension de Maxime Vachier-Lagrave à la seconde place du classement mondial. A la suite de sa brillante victoire au Sparkassen Chess-Meeting de Dortmund, le n°1 français  a franchi la barre symbolique des 2800 points Elo. Cette progression fût immédiatement confirmée par une éclatante victoire sur Peter Svidler, multiple champion de Russie, au cours d'un match en cadence rapide et en classique lors du traditionnel Festival de Bienne (retardé pour cause de passage du Tour de France en Suisse).

Avec un classement qui avoisine désormais les 2820 points, il talonne l'incontestable champion du monde en titre, le norvégien Magnus Carlsen.

L'accession d'un joueur né et formé en France à un aussi haut niveau de la hiérarchie mondiale n'a de précédent que l'époque ou Paris était la capitale des échecs, marquée par la domination de François-André Danican Philidor (1726-1795), Alexandre Deschapelles (1780-1847) et Louis-Charles de La Bourdonnais (1795-1840).

Les champions du monde Alexandre Alekhine et Boris Spassky, qui avaient choisis la France comme terre d'accueil, étaient de purs produits de la grande tradition échiquéenne russe puis soviétique. Plus tard, Joël Lautier (13ème joueur mondial en 1995) puis Etienne Bacrot (8ème joueur mondial en 2005) ont été les précurseurs du renouveau des échecs français sans toutefois s'approcher de la plus haute marche.

A en juger par les 174 nations engagées lors des dernières Olympiades d'échecs (véritable championnat du monde par équipe), les échecs appartiennent aux rares sports universellement pratiqués, devançant de nombreuses disciplines pourtant représentées aux JO d'été. A ce titre, la seconde place mondiale de MVL, surnom donné par la communauté internationale à notre champion national, en fait un des sportifs français les plus dignes d'admiration.

A 25 ans, Maxime se positionne désormais comme un sérieux prétendant au titre suprême. On peut regretter qu'il n'ait pu défendre ses chances lors du cycle en cours qui a désigné Sergey Karjakin (actuel 10ème joueur mondial) comme challenger du champion du monde mais gageons que le champion français sera un des principaux favoris du prochain cycle de qualification.

Je souhaite que ce modeste billet ait pu mettre un des plus grands champions français de notre époque dans la lumière qu'il mérite et réparer un tant soit peu le manque de visibilité de notre sport dans les grands médias audiovisuels.

La photographie de Maxime est extraite du site officiel du festival de Bienne.

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