Une finale embarrassante pour la championne du monde

Cliquez pour agrandir l'image lundi 13 mai 2013

Il est des jours ou on préférerait ne pas être sous le regard des autres. Malheureusement, lorsqu'on détient le titre de championne du monde, le petit monde des échecs a le regard braqué sur vous. La moindre défaillance est mise en lumière, commentée et disséquée.

Cette expérience embarrassante a été vécue par Anna Ushenina à l'issue de la 4ème ronde du tournoi de Genève comptant pour le circuit de Grands Prix féminins.

Dans un précédent billet, j'avais commenté la victoire surprise de cette joueuse relativement peu connue du grand public lors du récent championnat du monde féminin. Elle avait à cette occasion parfaitement exploité le format (contestable) à élimination directe mélangeant les cadences de jeu. L'Ukrainienne a encore eu l'occasion de se distinguer mais cette fois-ci à son désavantage. Elle s'est montrée incapable de mater avec Roi, Fou et Cavalier contre le Roi dénudé de son adversaire en moins de 50 coups. Natalia Pogonina, observatrice attentive des choses échiquéennes, twitta pendant la partie : « Je ne comprends pas ce qui se passe dans Ushenina-Girya. Il y en a une qui n'abandonne pas, et l'autre qui ne sait pas comment convertir une finale Fou et Cavalier contre Roi (ça prend un minute). »

Il ne s'agissait pas d'une partie à cadence rapide au cours de laquelle, crise de temps, émotion et fatigue peuvent faire perdre leur sang-froid aux plus aguerris. La partie s'est jouée en cadence lente avec des incréments de 30 secondes par coup. Le jugement de Natalia Pogonina est sévère mais justifié. Avec quelques minutes de réflexion, le gain ne pose généralement pas de grandes difficultés à condition de garder un vague souvenir de la manoeuvre en W du Cavalier et de la méthode de récupération du Roi lorsqu'il menace de s'échapper.

A l'approche de tournois de parties rapides, j'ai pour habitude de réviser quelques finales élémentaires pour être capable de les jouer rapidement si le besoin s'en fait sentir. Par simple coïncidence, quelques jours avant la partie de Ushenina, j'ai rejoué cette finale contre un logiciel en partant d'une position très défavorable (Roi, Fou et Cavalier au bord de l'échiquier et le Roi adverse centralisé). Je suis parvenu sans difficulté à mater en moins de 35 coups sans grande réflexion et sans avoir relu la méthode dans les nombreux livres qui traitent de ce sujet. Ne plus se souvenir de la méthode peut être pardonnable pour un joueur amateur, mais pour la championne du monde, c'est très embarrassant.

Il me semble qu'à ce niveau, la révision périodique de quelques finales élémentaires doit faire partie du programme d'entraînement. La rigueur de l'école d'échecs soviétique ne serait-elle plus qu'un lointain souvenir ?

Compte tenu de l'évidente méconnaissance démontrée par Ushenina, il est naturel que son adversaire ait jugé opportun de poursuivre la partie jusqu'au bout.

Profitons de l'occasion pour réviser le mat élémentaire Roi, Fou et Cavalier contre Roi, illustré par la consternante fin de partie entre les deux jeunes femmes :



La photographie de Anna Ushenina prenant la pose sur le lac Léman pendant la journée de repos est extraite de la galerie de photos du site officiel.
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